et Musée de l'Ordre de Malte

Histoire du Château

La plus ancienne mention de l’édifice qui ait été trouvée dans les archives, fait état d’un « Hostel noble de La Roche », apporté en dot en 1410 par une demoiselle de La Roche à son époux, Nicolas Gillier, d’une grande famille poitevine attachée à la cour de Charles VII.

Les Appelvoisin, qui l’acquirent à la fin du XV siècle, agrandirent la demeure vers le sud, puis commandèrent les sculptures gothiques de la façade côté cour, dont ils achevèrent la décoration dans le style Renaissance. Ils flanquèrent le bâtiment de trois tours et adjoignirent une chapelle vers 1530.

À l’extinction de cette branche de la famille Appelvoisin, la seigneurie de La Roche passa à Claude de Villequier. À la mort de George de Villequier, fils du précédent, commandant les armées de la Ligue en Poitou, et qui se noya en tentant d’échapper aux troupes royales, le château passa par héritage à Monsieur de Brillac qui l’accepta sous bénéfice d’inventaire, ce qui donna lieu en 1603 à une visitation dont l’état descriptif est parvenu jusqu’à nous.

La seigneurie fut acquise en 1608 par Pierre de Brilhac, lieutenant criminel, puis maire de Poitiers en 1614, à qui l’on doit la décoration de la façade arrière du logis, vers 1610.

La construction des communs est due à son fils Pierre II, qui devint propriétaire de la baronnie de Gençay en 1650. Il la fit élever par le roi Louis XIV en vicomté en 1656. Le château fut habité et la seigneurie longtemps administrée par le commandeur Claude de Brilhac, Chevalier de Malte.

Nous rappellerons enfin la tradition locale qui attribue le dessin des parcs de Gençay et de Magné du Château de La Roche à André Le Nôtre (1613-1700). En effet, celui-ci, appelé en Poitou par Mansart, lequel, sur instruction de la cour, restaurait le Château de Sommières en 1675, pour en faire la résidence d’été de Madame de Montespan, favorite du roi Louis XIV, situé à 10 km de Gençay.

Au milieu du XVIII siècle, le Château de La Roche fut acquis par le marquis de Créqui, auteur de la décoration intérieure telle qu’elle subsiste aujourd’hui.

Au moment où éclata la Révolution, le château appartenait au comte de Milon, dernier vicomte de Gençay, gendre du marquis de Créqui. Celui-ci ayant émigré à Hambourg, le château fut saisi comme bien national.

Il fut acheté en 1795, pour le compte de son légitime propriétaire, par Maître Vantage, notaire à Gençay. En 1799, le château fut vendu à deux sœurs d’une ancienne famille du Piémont et du Dauphiné, Mesdemoiselles de Révigliasc de Veynes, qui épousèrent, l’une le vicomte de Buzancy-Pavant, l’autre, le marquis de Vareilles-Sommières.

Lorsque le comte de Briey, leur héritier, épousa Mademoiselle de La Fare, il reçut La Roche en dot ainsi qu’en fait mention son contrat de mariage en 1853.

De 1860 à 1870, le comte et la comtesse de Briey firent réparer les outrages que les temps avaient faits subir à la demeure.

C’est ainsi qu’ils firent refaire la toiture, édifier une quatrième tour, modifier les abords dans le goût anglais de l’époque et restaurer la chapelle. Le vitrail central de celle-ci, primé à l’exposition de Paris de 1867 est un don du comte Albert de Briey, évêque de Saint-Dié, frère du propriétaire d’alors.

Depuis cette époque, le château est resté dans la descendance du comte de Briey qui fut, entre autres, maire de Magné. Son petit-fils, le comte Thierry Michel de Pierredon, bailli de l’Ordre de Malte, érudit historien et grand collectionneur, réunit des souvenirs aujourd’hui exposés au « Musée Saint-Jean » de l’Ordre de Malte, aménagé dans l’un des communs du XVIII siècle,œuvre de Pierre de Brillac.

Le comte Géraud Michel de Pierredon, fils du précédent, bailli et représentant officiel de l’Ordre de Malte auprès de La France, a, depuis 1972, entrepris un grand nombre de restaurations afin de rendre à cette demeure son aspect originel qu’elle avait perdu en raison de transformations faites au siècle dernier dans le style Viollet-le-Duc en restaurant les toits "en poivrière" d'origine.

Tous les bâtiments attenants et les pièces principales sont inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

Les travaux qui restent à entreprendre respecteront les empreintes de ses propriétaires successifs, personnages influents de leur époque dans l’histoire de notre pays : les Gillier, Appelvoisin, Brilhac, Créqui, Milon, Vareilles-Sommières, Briey-La Fare, Michel de Pierredon.